LE KARATE-DO EN GENERALHistoriqueLe karatĂ© est originaire de l’archipel des Ryukyu, plus connu sous le nom d’Okinawa, son Ă®le principale. Les insulaires dĂ©veloppèrent des techniques de combat Ă mains nues, qu'ils finirent par regrouper en un corpus de techniques qu’ils dĂ©signèrent sous le terme d’Okinawa-tĂ©, traduit par la « Main d’Okinawa ». Bien qu’il n’y ait pas de preuve formelle, il est admis que c’est au travers des Ă©changes commerciaux et culturels que les deux Ă©coles de l’île, Shorey-ryu et Shorin-ryu, aient Ă©tabli des contacts avec les Ă©coles de boxe chinoise voisines, notamment avec les deux Ă©coles de kempo chinois : Wutang et Shoalin-ji. Au XVIIème siècle, le Japon, en proie Ă de nombreuses guerres civiles, pratique une politique isolationniste pour assurer sa rĂ©unification. Il coupe ses contacts, Ă quelques exceptions près, avec le monde extĂ©rieur, et envahit l'archipel qui Ă©tait constituĂ© en royaume prospère depuis le XVème siècle. Certains nobles investirent alors l'Ă®le d'Okinawa afin de maintenir des Ă©changes (commerciaux, culturels) avec l'ensemble de l'Asie du sud-est, et notamment avec la Chine qui Ă©tendait son influence sur toute la rĂ©gion. Pendant cette occupation, qui dura 2 siècles et demi, il fĂ»t interdit aux insulaires de possĂ©der une arme. Dans le plus grand secret, les habitants de l’archipel pratiquèrent alors de plus en plus les mĂ©thodes de combat Ă mains nues et dĂ©veloppèrent en mĂŞme temps des techniques utilisant des bâtons, des flĂ©aux ou des chaĂ®nes, outils de paysans. Au cours de cette pĂ©riode, les responsables politiques chinois, conscients de l’intĂ©rĂŞt des insulaires pour les sports de combat, envoyèrent des attachĂ©s d’ambassade, MaĂ®tres de boxe chinoise. L’un d’eux laissa en souvenir Ă ses disciples d’Okinawa, un kata (ensemble de mouvements, reprĂ©sentant un combat) qu’il avait inventĂ© et enseignĂ© sous le nom de Kwanku. MaĂ®tre Gichin FUNAKOSHI, nĂ© d’une famille de samouraĂŻ en 1869, est Ă©lève des deux plus grands MaĂ®tres de l’époque. Il acquiert auprès de nombreux experts, l’hĂ©ritage des annĂ©es d’entraĂ®nement secret. A partir de 1916, MaĂ®tre FUNAKOSHI est alors invitĂ© Ă faire des dĂ©monstrations, la première a lieu Ă Kyoto, alors capitale des arts martiaux. C’est la première fois que les arts martiaux sont prĂ©sentĂ©s en dehors de l’archipel d’Okinawa. En 1922, une grande manifestation nationale est organisĂ©e Ă Tokyo, MaĂ®tre FUNAKOSHI est chargĂ© de reprĂ©senter la province d’Okinawa. Il est alors sollicitĂ© par le fondateur du Judo et un MaĂ®tre de Kendo pour rester au Japon et dĂ©velopper le karatĂ©. Il a alors 53 ans, et tout reste Ă crĂ©er. Il forme les premières ceintures noires entre 1922 et 1930. Le karatĂ© commence Ă se rĂ©pandre ; certaines universitĂ©s lui ouvrent leurs portes. Sensei FUNAKOSHI publie en 1935 "karatĂ©-do kyohan", ouvrage dans lequel il codifie et modernise l’enseignement. C’est en 1936 qu’est inaugurĂ© le premier dojo japonais et porte le nom de « Shoto-Kan » soit la « maison de shoto ». Ce nom restera et dĂ©signera le karatĂ©-do selon l’enseignement du MaĂ®tre. Au cours des premières annĂ©es, MaĂ®tre FUNAKOSHI codifie les katas, met au point les mĂ©thodes pĂ©dagogiques et instaure les grades : Kyu pour les dĂ©butants et Dan pour les confirmĂ©s. A 75 ans, MaĂ®tre FUNAKOSHI sait que le karatĂ© se fera naturellement connaĂ®tre en dehors du Japon. Il se fixe donc comme dernière tâche de prĂ©parer de bons ambassadeurs. Avant de s’éteindre en 1957, il aura assistĂ© Ă la crĂ©ation de deux organisations non japonaises : Shotokan-karate-do Brazil et Shotokan-karate of America. Celle-ci est notamment créée par un de ses derniers Godan (5ème Dan) : MaĂ®tre Tsutomu OHSHIMA qui, fort de ce succès, fonde Canada Shotokan, Suisse Shotokan, IsraĂ«l Shotokan, Maroc Shotokan, Gabon Shotokan, et surtout France Shotokan en 1964. NĂ© en 1930, MaĂ®tre OHSHIMA vient encore animer des stages en France et dĂ©livrer des Dan Ă ses seniors. Â
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